Parce que développer sa carrière implique parfois d’envisager sa carrière à l’international, pourquoi ai-je l’impression que plus d’hommes que de femmes l’envisagent ? Me sentant un peu seule dans cette aventure que je considère, je me suis demandé si, une fois diplômée, j’aurais accès aux mêmes opportunités qu’un homme.

Femmes expatriées : la face cachée

Selon une étude internationale réalisée par Humanis,  « Dans 92% des cas d’expatriation, la carrière de l’homme est à l’origine de la mobilité et la femme suit son époux ». Ainsi, le nombre de femmes expatriées est nettement inférieur à celui des hommes. Il semblerait même que cela fasse plus de 10 ans que la répartition homme/femme parmi les expatriés reste la même : 1 français sur 3 à l’étranger est une femmes.

Mon impression est donc confirmée. Mais pourquoi un tel constat ? 

Naïve ou pas, je pensais que les préjugés à l’égard des femmes expatriées étaient de l’histoire ancienne. Mais preuves que les mentalités n’ont pas toutes changées, en écrivant cela, je me rappelle des propos tenus par l’un de mes professeurs en école de communication. Selon lui, nous étions peu nombreuses à faire ce choix d’expatriation, car «  vous êtes trop sensibles, trop attachées à vos racines et votre confort. Les entreprises font un effort en vous proposant un poste à l’étranger en sachant qu’il faudra davantage vous accompagner, vous tenir par la main alors que le temps d’adaptation pour un homme sera plus facile et rapide à gérer pour eux ». Nous avions alors été quelques-unes à riposter mais cela n’illustre que trop bien la situation.
Olivier Mérignac parle de la femme « inexpatriable » dans son ouvrage Travail, Genre et Sociétés. Il souligne sans surprise, deux préjugés : « Elles ne veulent pas » ou « Elles ne peuvent pas ». « Pas assez motivée, pas assez solides, plus raisonnables, moins ambitieuses », et le meilleur pour la fin, « Une femme […] ne serait pas acceptée par les hommes du pays d’expatriation ».

Ainsi, dans le cadre de l’expatriation, de nouveau, les préjugés prévalent sur les véritables compétences des femmes.

Initiatives visant à encourager les femmes à débuter une carrière à l’international

Heureusement, les entreprises prennent des initiatives pour intégrer les femmes dans leur stratégie de développement à l’international. Parmi ces initiatives, nombreuses sont celles qui développent un réseau professionnel féminin interne. Il en existe de nombreux comme ConnectHers au sein de BNP Paribas, Talentu’elles au sein de la Banque de France, Bouyg’tElles, Women@Capgemini, Women @Coca-Cola, Shell Women Network… Leur but est de favoriser l’évolution de la carrière des femmes, faciliter la mobilité des femmes au sein de l’entreprise et pourquoi pas même à l’étranger. Bien que ces réseaux soient nombreux, ils restent méconnus puisque chacun communique différemment, sur des chaînes différentes et chacun utilisent des outils différents pour animer et communiquer avec sa communauté, ce pourquoi ThereSheGoes s’engage à les aider.

Une autre initiative prise par certaines entreprises est celle d’identifier des femmes hautement qualifiées lorsqu’elles débutent leur carrière. En effet, une étude de Pwc précise que de nombreuses femmes souhaitent particulièrement obtenir une opportunité à l’international durant les 6 premières années de leur carrière.
Plus récemment encore, certains s’engagent même à développer différents types de processus adaptés et des formations pour garantir l’objectivité et la neutralité au sein des entreprises lors de la sélection de profils à l’international. Cela permet aussi de donner l’opportunité à d’avantages de femmes  de s’expatrier et développer leur carrière à l’étranger. 

Les initiatives existent, les volontés sont là, les opportunités se multiplient laissant espérer que les choses changeront. Néanmoins, que ce soit dans le cadre de l’expatriation ou tout autre domaine, pour atteindre l’égalité il va falloir s’armer de patience, continuer de sensibiliser sur les disparités existantes et développer les femmes dans les effectifs des entreprises. J’ai tendance à croire que réunir toutes ces initiatives existantes et ces réseaux est un élément essentiel afin d’atteindre l’égalité entre les sexes avant la date annoncées par les Nations Unis (d’ici 257 ans c’est-à-dire en 2277).

Pour ma part, je compte bien découvrir ces réseaux, internes aux sociétés ou indépendants, afin de multiplier mes chances de développer ma carrière à l’étranger. 

Une carrière à l’international, après tout, pourquoi pas moi ?