En toute honnêteté, je ne suis pas la pro du réseautage, j’ai d’ailleurs toujours pensé que ce n’était pas fait pour les introvertis comme moi. J’ai très vite compris que le réseautage en ligne était utile pour ça, pour se cacher derrière son ordinateur. J’ai aussi très vite compris, et ce grâce à mon stage chez ThereSheGoes, l’importance d’un réseautage hors ligne. Moi qui voyais cela comme quelque chose de trop carré, trop sérieux, impersonnel, corporate et stressant, j’ai alors découvert qu’on pouvait réseauter comme on va boire un coup entre amies et ça a totalement changé ma vision des choses.  

ThereSheGoes croît particulièrement au pouvoir des rencontres offline. Évidemment en ces temps de distanciation sociale, tout se passe en ligne, mais le face à face en ligne reste néanmoins nettement plus bénéfique qu’un simple ajout sur LinkedIn. 

Le digital a en effet bousculé notre façon d’appréhender le réseautage. Avec l’arrivée de LinkedIn, n’importe quel professionnel se constitue désormais son réseau par de simples « demandes de connexions ». Un gain de temps, une prise de contact moins stressante, des milliers de profils similaires, la plateforme a séduit quiconque voulant faire évoluer son réseau et a démocratisé le réseautage. 

C’est même devenu un soft skill que l’on nous apprend lors de nos études supérieures ! Savoir bien travailler son profil, utiliser le storytelling pour se vendre, rester actif…Assister à un cours “Apprendre à utiliser LinkedIn” vous avez connu ça vous ? Moi oui ! Et quand on ne sait pas encore ce qu’est un réseau (entendez là un cercle de relations et non pas un réseau social), cette introduction est nécessaire et enrichissante pour la suite. La théorie selon laquelle une personne connaît le monde entier grâce à son réseau indirect (je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un… ) se confirme avec tous les réseaux sociaux accessibles. C’est ce qu’on voit avec les différents degrés de connexions sur LinkedIn par exemple. En faisant nos recherches pour cet article, Claire Passy ma responsable s’est même aperçue être connectée avec Jessica Alba au second degré! Si quelqu’un connaît Meryl Streep, n’hésitez pas à rentrer aussi dans mon réseau.

Mais comment savoir si on a un “bon réseau” ?

Être connectée c’est bien, être en relation directe c’est mieux. D’ailleurs, 85% des postes sont pourvus grâce au réseautage. Ainsi, échanger directement avec une personne reste la clef. Les raisons sont diverses et assez surprenantes, notamment, il semblerait que notre impression soit particulièrement influencée par une poignée de main… Qu’en serait-il alors du « check du coude » à partir de maintenant ?  

Il est donc indispensable de prendre le temps de rencontrer une personne plutôt que de prendre le temps d’envoyer des demandes de connexion. En ces temps particuliers, prendre le temps de discuter en ligne est tout autant efficace et nécessaire.  Un bon réseautage c’est avant tout enrichir ses relations personnelles. Quelqu’un susceptible d’être bénéfique à votre carrière partage de fait, vos valeurs, vos compétences et vos centres d’intérêt, une base solide pour le début d’une relation, qu’elle soit professionnelle ou personnelle. Faire le choix de l’affinité avant tout c’est rendre une connexion plus naturelle. 

Réseautage en ligne ou hors ligne, chacun à ses partisans comme je vous le disais, mais l’idéal selon moi serait de les combiner.

À titre personnel, j’ai découvert il y a seulement quelques mois que des milliers de femmes se réunissaient pour booster ensemble leur réseau et leur carrière. Le nombre de réseaux professionnels féminins présents en France est assez ahurissant pour que je n’en ai jamais entendu parler : 500 selon le livre d’Emmanuelle Gagliardi qui les répertorie, 1377 selon mes recherches. Que ce soit un réseau pour les femmes avocates, celles dans le digital, ou simplement des femmes désireuses de partager et échanger sur leur carrière, quelle qu’elle soit, il y en a pour tous les goûts et toutes les villes. Ensemble, elles s’entraident, se réunissent lors de conférences ou petits déjeuners et nourrissent alors de vraies relations professionnelles mais aussi personnelles.

Là où des évènements de réseautage mixtes pourraient en effrayer certaines, se savoir entourée de femmes avec les mêmes envies de connexion que nous apporte ce côté bienveillant entre amies qui dédiabolise l’image des évènements professionnels trop sérieux, impersonnel et corporate.

J’ai alors de suite voulu tenter l’expérience. En stage à l’étranger, je suis partie à la recherche d’un réseau de femmes expatriées à Amsterdam sur Facebook. En période de covid-19 je vous avoue que ce n’était pas l’idéal. La plupart des rencontres organisées étaient en ligne, certaines se voyaient en petit comité, mais dans l’ensemble une expérience totalement différente que s’il n’y avait pas eu ce virus. Comme alternative on se retrouvait alors souvent sur des conversations groupées Facebook ou sur Whatsapp, moins convivial certes, mais toujours sympa de faire de nouvelles rencontres. Je suis personnellement tombée sur une conversation de plusieurs jeunes femmes de mon âge, qui étaient tout comme moi, nouvelles sur Amsterdam et un peu seules. Ce point commun m’a fortement encouragé à prendre part à la conversation. Je n’aurais sûrement pas fait le pas de rejoindre un groupe déjà formé avec déjà des affinités. Quoi qu’il en soit, même en venant toutes d’horizons et domaines différents, l’échange est resté enrichissant de par notre expérience commune. Stagiaire à l’étranger, dans une ville où l’on ne connaît personne et où il nous est fortement déconseillé de se sociabiliser… Il faut le vivre pour comprendre. Et il faut aussi pouvoir le partager.  Je ne dis pas que ces personnes vont forcément m’aider dans le développement de ma carrière mais elles élargissent en tout cas mon champ des possibles comme avec la règle des différents degrés de connexions: les connexions de nos connexions deviendront nos connexions.

De retour en France, dans ma jolie ville de Lyon, je sais déjà que je partirai à la recherche d’un réseau féminin de jeunes diplômées ou dans le marketing, ou les deux !

Alors, on se retrouve au prochain workshop ?